Microbiote

 

Le microbiote représente l’ensemble des micro-organismes. Notre corps héberge 100 000 milliards de micro-organismes, cela représente 10 fois plus de bactéries que de cellules. On parle souvent du microbiote intestinal, mais nous possédons également un microbiote oro-pharyngé, cutané ou encore vaginal. Chaque microbiote est unique. Il est constitué par de grands groupes de bactéries, mais sa composition est variable d’un individu à l’autre.

Le microbiote est très complexe. Il y a encore une quinzaine d’années, les chercheurs n’avaient qu’une vision très fragmentée de sa composition.

Microbiote recherche

Les travaux de recherche à l’Institut Pasteur de Lille

Aujourd’hui les équipes de l’Institut Pasteur de Lille travaillent sur les liens entre le microbiote et les maladies métaboliques. L’équipe du Dr Grangette observe comment les changements de la composition du microbiote s’effectuent afin de développer de nouveaux outils thérapeutiques. Aujourd’hui, les recherches ne permettent pas d’affirmer si les modifications du microbiote sont à l’origine de pathologie ou si la pathologie est à l’origine des modifications du microbiote. “Il est difficile de déterminer qui est la poule et qui est l’œuf” commente le Dr Grangette. Elle explique que le déséquilibre peut être transférable, par exemple si l’on transfert le microbiote d’un donneur obèse dans un hôte stérile c’est-à-dire sain, la pathologie est transférée. “Les échanges sont dynamiques et se font très certainement dans les deux directions, mais les origines restent pour l’heure obscures“. Des polymorphismes génétiques peuvent, par exemple, influencer le microbiote, qui va lui-même influencer la pathologie, c’est un équilibre à deux sens.

Des travaux récents menés par Mathias Chamaillard à l’Institut Pasteur de Lille en lien avec une équipe de Gustave Roussy ont montré que deux espèces bactériennes présentes dans l’intestin peuvent activer les cellules de l’immunité et booster l’efficacité d’un médicament anticancéreux fréquemment prescrit. Leur étude identifie le rôle de Enteococcus hirae et Barenesiella intestinihominis dans l’activation des réponses immunitaires à lymphocytes T luttant contre le cancer. Ces bactéries intestinales renforcent les effets du cyclophosphamide, un médicament de chimiothérapie. De plus, la réponse immunitaire renforcée par les bactéries permet de prédire, chez les patients atteints d’un cancer du poumon ou de l’ovaire à un stade avancé et traités par chimio-immunothérapie, une survie (sans progression de la maladie) plus longue. Un bel exemple d’une découverte permettant de vivre mieux plus longtemps !

Les équipes de recherche

recepteurs nucléaires unité pasteur lille

“Nous travaillons en partenariat avec l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique), pour étudier les propriétés fonctionnelles de bactéries isolées de microbiote humain et capables d’être cultivées dans des conditions satisfaisantes (la majorité étant incultivables). Un nouveau domaine de recherche s’ouvre par cette collaboration : comprendre la fonction des bactéries du microbiote pour les utiliser comme probiotique de nouvelle génération.”

Dr Corinne Grangette

Directrice de recherche, équipe "Influenza, Immunité et Métabolisme"

Dossiers

horloge biologique dossier pasteur lille
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Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)

maladie de crohn
la rectocolite hemorragique