Les modèles parasitaires actuellement étudiés sont Schistosoma, Plasmodium et Trichomonas, un protiste pathogène. Les modèles d'hôtes sont la souris et, principalement pour le paludisme, le rat. Nous développerons également d'autres modèles ; le poisson-zèbre (Danio rerio) et le mollusque Biomphalaria glabrata.
L'objectif de l'équipe "Signalisation, évolution et interaction hôte-parasite" est d'élucider certains des processus moléculaires clé des interactions hôte-parasite, et d'avancer dans la compréhension de leur évolution. Ces connaissances, acquises sur des parasites humains (Schistosoma, Trichomonas...) doivent déboucher, à terme, sur l'élaboration de stratégies nouvelles de contrôle de ces parasites, voire, sur l'identification de nouvelles cibles thérapeutiques.
Le succès d'une infection parasitaire dépend à la fois de la capacité du parasite à exploiter son hôte, et à moduler ou résister à la réponse immunitaire de l'hôte. Nous étudions donc plusieurs processus impliqués dans ces deux grands types d'interaction qui sont les interactions conduisant au développement du parasite et les interactions immunobiologiques.
Un premier axe de recherche s'intéresse aux processus d'exploitation des signaux tels que les facteurs de croissance ou hormones de l'hôte par Schistosoma mansoni. Dans un deuxième axe, nous analysons, chez ce même parasite, les voies de signalisation conduisant au contrôle de la transcription de gènes.
Le troisième axe s'intéresse à la réponse immunitaire innée de l'hôte intermédiaire de S. mansoni, et à l'évolution de certains régulateurs clés de l'immunité.
Enfin, dans le quatrième axe, nous étudions les voies déclenchant la mort cellulaire chez le protozoaire Trichomonas, un organisme amitochondrial et primitif dans l'eucaryogenèse et sur les co-infections Trichomonas-Pneumocystis au niveau des poumons de patients immuno-déficients.
L'équipe "Eosinophiles, allergies et inflammation" s'intéresse d'une part aux éosinophiles, principalement considérés comme des cellules effectrices mais qui jouent également un rôle immuno-régulateur et participent à l'immunité innée. Nos études visent à présent à déterminer le rôle joué par les éosinophiles dans les pathologies allergiques, dans l'immunité anti-tumorale, les mécanismes moléculaires sous-tendant les interactions entre les éosinophiles et les lymphocytes dans les syndromes hyperéosinophiliques et entre éosinophiles et mycobactéries. D'autre part, l'équipe étudie le rôle des cellules T régulatrices induites par les infections dans le contrôle des pathologies allergiques et le rôle des cellules dendritiques et des récepteurs pour l'IgE dans la translocation bactérienne et l'inflammation intestinale.
L'équipe "Immunité innée et immunorégulation" s'intéresse au rôle des cellules immunes innées capables de s'activer en réponse à des antigènes (Ag) lipidiques dans l'induction et le contrôle des réponses immunes. Parmi celles-ci, les lymphocytes T Natural Killer (NKTs) reconnaissent des Ag glycolipidiques présentés par la molécules CD1d et produisent des quantités importantes de cytokines immunorégulatrices, dont l'IL-4 et l'IFN-gamma. Les objectifs sont de mieux comprendre comment ces cellules s'activent en conditions pathologiques, dont les infections (par exemple la schistosomiase) et en particulier de mieux définir les interactions cellules présentatrices d'Ags (APC)/NKT dans ce processus. Dans ce contexte, nous étudions le rôle des dérivés microbiens (activateurs des récepteurs Toll-like) dans l'aptitude des cellules dendritiques et des lymphocytes B à activer les NKTs. A long terme, nous souhaitons exploiter le potientiel thérapeutique des NKTs par utilisation d'APCs.
L'équipe "Paludisme" étudie, chez le rat, l'immunologie moléculaire et cellulaire de l'infection par Plasmodium berghei en fonction de l'âge de l'hôte infecté. Nous déterminons la nature de la réponse en fonction de l'âge et pensons que ces études fourniront des informations essentielles quant à la mise en place de la protection chez des hôtes jeunes et susceptibles. Un deuxième centre d'intérêt est représenté par la biologie moléculaire et fonctionnelle de Plasmodium falciparum. Dans ce contexte, nous avons pu identifier une nouvelle famille de protéines impliquées dans les interactions protéine-protéine. Cette découverte contribue à la compréhension de la biologie parasitaire et aidera dans la sélection de protéines et/ou de leurs partenaires pour la modélisation moléculaire en vue de concevoir de nouveaux agents thérapeutiques.
L'équipe "Immunopharmacologie vaccinale" a développé une recherche sur l'immuno-épidémiologie des infections parasitaires, essentiellement la schistosomiase et le paludisme en Afrique. Sur la base des relations hôte-parasite, nous avons concentré nos études sur la régulation réciproque des réponses immunes développées dans la schistosomiase et la malaria dans des populations d'individus doublement infectés. Dans le contexte du développement clinique de notre candidat vaccin contre le schistosomiase, la glutathio S-transferase de S. haematobium, l'équipe a été chargée de coordonner les essais cliniques humains. La protéine, sélectionnée comme candidat vaccin thérapeutique a été produite en conditions LP et a été évaluée dans des essais toxicologiques pré-cliniques. Trois phases cliniques au Sénégal et une au Niger ont montré que ce candidat vaccin était sûr chez des enfants infectés qui représentent la population cible. Ces phases cliniques ont été soutenues par un projet de démonstration de l'Union Européenne. Les phases préparatoires de l'étude clinique d'efficacité sont en cours. |