L'étude des maladies émergentes telles que l'encéphalopathie spongiforme bovine, le SRAS, la peste aviaire ou de maladies en recrudescence, comme la tuberculose, requièrent des conditions de sécurité renforcée tant pour le manipulateur que pour l'environnement.
Le laboratoire de haute sécurité LHS (NSB 3-4) de l'Institut Pasteur de Lille a donc pour vocation de répondre aux exigences légales et techniques de manipulation d'organismes génétiquement modifiés ou de pathogènes dangereux pour l'environnement (jusqu'au niveau 4) ou la santé publique.
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jean-Pierre DECAVEL |
La manipulation des maladies de l'Homme ou de l'Animal a toujours requis des conditions de travail particulières.
La notion de confinement physique des laboratoires pour la manipulation des micro-organismes de niveaux 1, 2, 3 et 4 est apparue aux USA dans les années 70. Cette notion a été créée pour protéger l'environnement lors de la manipulation et de l'étude d'organismes génétiquement modifiés (OGM).
Les activités de recherche ou d'analyse en microbiologie, l'étude des maladies émergentes telles que le SRAS, la grippe aviaire de type H5N1, hautement pathogène pour l'Homme, ou des maladies en recrudescence telles que la tuberculose, mais aussi la manipulation d'organismes génétiquement modifiés, requièrent des conditions de sécurité optimale tant pour la protection du manipulateur que pour celle de l'environnement.
La manipulation d'agent biologique dans le LHS est effectuée dans le respect des législations françaises et européennes, mais aussi des recommandations concernant la manipulation d'organismes génétiquement modifiés, ou celle d'agents pathogènes dangereux pour l'environnement et pour la santé publique, il est à noter que la règlementation française est assez récente (les premiers textes ont été adoptés dans les années 1990) et découle essentiellement de la transposition de directives européennes.
L'arrêté du 18 juillet 1994 modifié en 1997 et 1998 fixe la liste des agents biologiques pathogènes. La classification reprise par ces listes est d'une exploitation délicate car le risque biologique associé est très vaste et ne cesse de s'étendre au fur et à mesure des nouvelles connaissances. Il est alors nécessaire de consulter des listes en provenance de l'étranger, et ainsi avec l'aide de professionnel d'établir une évaluation du risque basée sur les différents critères de classements : gravité de la maladie, propagation dans l'environnement, existence de traitements préventifs ou curatifs.
L'arrêté du 13 août 1996 fixe les mesures techniques de prévention, notamment de confinement, à mettre en oeuvre dans les industries et les laboratoires de recherche et d'enseignement où les travailleurs sont susceptibles d'être exposés à des agents biologiques pathogènes.
Enfin, la loi 92-654 du 13 juillet 1992 et les textes d'application se rapportent au contrôle de l'utilisation et de la dissémination des OGM.
Une bonne formation, un niveau de connaissances suffisant sont demandés aux personnels travaillant au LHS.
Le Laboratoire de Haute Sécurité offre aux équipes du campus (Institut Pasteur de Lille et Institut de Biologie de Lille) aux équipes universitaires lilloises ou du CHRU, des unités réalisées en panneaux monobloc de polyester garantissant une étanchéité absolue. L'isolement des cellules (laboratoires) permet l'accueil d'un moins huit à dix thématiques de recherche différentes, procurant à cette structure un caractère original par rapport à beaucoup de laboratoires de ce type conçus pour répondre aux exigences d'une seule équipe.
Le laboratoire permet la mise en oeuvre de toutes les techniques, allant de la culture cellulaire à la manipulation animale, de la production virale à celle de parasites, y compris les maladies émergentes telles que le SRAS ou le H5N1.
Sécurité, polyvalence et évolutivité ont donc guidé la conception de ce laboratoire pour lequel de nombreux équipements ont été ou sont encore conçus spécifiquement.
Le laboratoire installé sur trois niveaux comporte :
- une plateforme qui supporte l'unité de traitement de l'air. Celui-ci est stérilisé par filtration, en entrée et en sortie, sur un filtre absolu ULPA.
- 9 zones de travail ou laboratoires indépendants en rez-de-chaussée. Ces cellules (laboratoire) peuvent accueillir simultanément 25 chercheurs et techniciens, et comprennent 12 postes de sécurité microbiologique type PSM II et 6 isolateurs de manipulation d'expérimentation animale, 1 zone de haute sécurité comprenant 1 poste de haute sécurité de type PSM III et 3 isolateurs de manipulation en haut confinement, 1 congélateur à -152°C, 2 congélateurs à -80°, ainsi qu'1 stérilisateur décontaminateur (autoclave) et 1 station de décontamination thermique des effluents de haut niveau servant à la décontamination des déchets.
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