Parce qu'il est urgent d'aider les chercheurs,
faites un don
Zoom sur ...
Le paludisme (ou malaria)
aussi appelé malaria est une des maladies parasitaires les plus répandues dans le monde. Près de la moitié de la population mondiale vit dans les régions à risque, en particulier en Afrique et dans le sud-est asiatique. L'infection est causée par un parasite du genre Plasmodium transmis lors de la piqûre de certaines espèces de moustiques.
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 216 millions de personnes sont infectées chaque année et environ 655 000 d'entre elles meurent, majoritairement des enfants en bas âge et des femmes enceintes. Un ménage à trois : homme, moustique, parasite
Le vecteur du parasite est la femelle d'un moustique du genre anophèle. Lors de la piqûre le moustique injecte le parasite présent dans sa salive. En moins de 30 secondes ce parasite gagne le foie. C’est dans le foie humain que le parasite va entamer sa première phase de maturation. Cette phase peut durer de quinze jours à plusieurs mois selon le type de parasite. Puis le parasite repart dans le sang pour infecter les globules rouges au sein desquels il entamera un autre de cycle de développement et se multipliera. C’est lors de cette phase de re-largage dans le sang que les effets se font sentir entraînant de fortes fièvres, une anémie et, dans les formes neurologiques, la mort en l’absence de traitement rapide.
C’est lors d’une deuxième piqûre qu’un moustique aspire le sang ainsi parasité. Dans l’estomac du moustique, le parasite entame sa troisième phase de développement et pond ses œufs. Lorsque l’œuf éclos, les agents infectants migrent jusqu’aux glandes salivaires et le cycle de l’infection peut recommencer.
La recherche à
l'Institut Pasteur de Lille
Des recherches très spécifiques sont réparties entre différentes équipes dont les thèmes sont :
La biologie moléculaire du développement et la reproduction des Schistosomes
Biologie moléculaire du développement et de la reproduction des Schistosomes
Paludisme et bilharziose représentent les deux principales endémies parasitaires dans le monde.
Elles affectent principalement les pays en voie de développement.
Aucune thérapie vaccinale préventive n'est actuellement disponible et le développement de foyers de chimiorésistances vis-à-vis des quelques molécules actives a encore accru l'urgence de la découverte de nouvelles thérapies.
L'équipe dirigée par Raymond Pierce étudie les processus moléculaires du développement et de la reproduction des parasites afin d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.
Elle cherche à élucider certains des processus moléculaires clé du développement des parasites et à comprendre leur évolution. "Ces connaissances doivent déboucher, à terme, sur l'élaboration de stratégies nouvelles de contrôle des populations parasitaires. Pour ce faire, nous nous focalisons sur les voies de signalisation et sur la transcription des gènes qui contrôlent la croissance et la reproduction des parasites" précise Raymond Pierce.
Le groupe de Colette Dissous étudie les protéines kinases responsables du développement des organes reproducteurs des schistosomes et a notamment mis en évidence une toute nouvelle famille de récepteurs associés aux ovocytes et potentiellement impliqués dans l'embryogénèse chez le schistosome.
Par ailleurs, le groupe de Raymond Pierce a démontré le rôle essentiel des enzymes modifiant la structure de la chromatine dans la survie du parasite et coordonne un projet financé par la communauté européenne avec pour objectif le développement d'inhibiteurs de ces enzymes comme nouveaux médicaments contre la bilharziose.
Enfin, le groupe de Jamal Khalife s'intéresse à l'immuno-biologie du paludisme et plus particulièrement à l'étude des gènes impliqués dans le cycle cellulaire du parasite Plasmodium falciparum et aux réponses de l'hôte dans un modèle expérimental âge-dépendant. Ce groupe participe également à un projet européen visant au développement de stratégies vaccinales contre la bilharziose.
L'équipe de recherche Biologie moléculaire du développement et de la reproduction des Schistosomes (Centre d'Infection et d'Immunité de Lille, Institut Pasteur de Lille, Inserm U 1019, CNRS UMR 8204, Université Lille Nord de France) dirigée par Raymond PIERCE.
Immunologie fondamentale et clinique des maladies parasitaires
L’équipe est le résultat de la fusion de deux équipes de recherche, la première animée par Gilles Riveau et l’autre par Sylviane Pied, pour créer un groupe multidisciplinaire de recherche sur la compréhension des réponses immunes protectrices et pathologiques aux infections parasitaires et leur modulation par des facteurs environnementaux (facteurs génétiques, nutrition, co-infections, exposition aux vecteurs…).
Les thématiques de recherche des deux groupes s’articulent étroitement :
L’immunophysiopathologie du paludismeest développée par le groupe de Sylviane Pied.
L’objectif principal est de mettre en évidence les acteurs de la réponse immune qui participent à la protection (paludisme bénin) ou la pathologie (neuropaludisme) lors d’une primo-infection par Plasmodium (P.) et leur régulation par des facteurs génétiques de l’hôte. Ces études qui allient recherche fondamentale et recherche clinique sont menées en parallèle dans des modèles expérimentaux de souris (P. berghei ou P. yoelii) et chez des cohortes de patients africains ou indiens infectés par P. falciparum et manifestant diverses formes cliniques du paludisme. La recherche sur le terrain est réalisée grâce à un réseau de collaborations dont le Centre hospitalier de Libreville au Gabon et le réseau multidisciplinaire Indo-Européen associant des chercheurs indiens du Tata Institute of Fundamental Research, Mumbai, l’Institute of Life Sciences à Bhubaneswar et du National Institute of Cell Sciences à Pune. Cette approche intégrée du paludisme basée sur une recherche de terrain et une recherche fondamentale utilisant des concepts et des méthodes de la biologie des systèmes devrait permettre de mieux comprendre la relation hôte-pathogène et d’identifier de nouvelles cibles vaccinales et/ou thérapeutiques.
Le rôle de l’environnement sur l’interaction hôte parasite est étudié par le groupe de Gilles Riveau.
Ce groupe travaille depuis une dizaine d’années sur la co-infection paludisme-bilharziose afin de comprendre les réactions immunitaires spécifiques des personnes confrontées simultanément aux deux parasitoses. Ces recherches ont été étendues à d’autres facteurs environnementaux pouvant moduler le système immunitaire des enfants vivant en zone d’endémie palustre. Ainsi, l’équipe étudie plus particulièrement chez l’enfant, l’influence de l’exposition aux moustiques Anopheles et de la sous-nutrition sur la réponse immunitaire à l’infection palustre mais également l’influence de ces facteurs sur les réponses protectrices post-vaccinales. Dans ce contexte, le programme international PAL-Fleuve, intégrant des scientifiques de diverses disciplines et organismes de recherche du Sénégal et d’Europe, a été créé il y a 3 ans, engendrant ainsi un creuset de réflexions et de recherches liées à la santé environnementale, abordant l’infection palustre selon tout un panel d’approches complémentaires.
Sur le terrain africain, Gilles Riveau dirige une structure appelée Espoir pour la santé (EPLS) qui allie recherche en immuno-épidémiologie de la bilharziose et du paludisme (coordination du programme PAL Fleuve), et essais cliniques. C’est dans ce centre qu’est actuellement réalisée la troisième phase d’essais cliniques (phase d’efficacité) du candidat vaccinal pédiatrique contre la bilharziose Bilhvax.
L'équipe de recherche Immunologie fondamentale et clinique des maladies parasitaires (Centre d'Infection et d'Immunité de Lille, Institut Pasteur de Lille, Inserm U 1019, CNRS UMR 8204, Université Lille Nord de France) dirigée par Sylviane PIED.